23 avril 2024

Avis manga : Soloist in a cage – Tome 1

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui nous allons parler d’une nouveauté de chez Ki-oon qui le même profil éditorial que le titre Lost Lad London dont je vous ai fait un retour récemment : une nouvelle trilogie en grand format. Il s’agit ici de Soloist in a cage, 1er œuvre de Shiro Moriya. De son titre original Ori no Naka no Soloist (littéralement « La soliste dans une cage », ce qui renvoie à l’intitulé anglophone), cette œuvre a fait ses débuts sur la plateforme Shonen Jump+ des éditions Shûeisha.

Alors que donne cette nouvelle trilogie proposée par Ki-oon ?

Soloist in a cage : un huis clos angoissant

La Cité-prison est un immense ghetto où sont rassemblés des criminels de tous horizons. Une fois entré, aucun espoir d’en sortir… Chloé, sept ans, et son petit frère Locke, encore nourrisson, sont nés dans cette enceinte et n’ont jamais quitté leur chambre. Depuis la disparition de leurs parents, prendre soin de son cadet est devenu la raison de vivre de la fillette ; elle le dorlote, le rassure et danse pour garder une lueur d’espoir dans leur foyer. Les seules ressources à disposition viennent d’un voisin inconnu, qui dépose des provisions devant leur porte… Leur bienfaiteur n’est autre que Ross Sandberg, chef d’un groupe de mercenaires craint de tous. Quand Chloé découvre qu’il prépare une évasion, elle prend une décision folle : pour assurer l’avenir de son frère, elle suit l’homme et escalade les murs à sa suite, le bébé sur le dos ! Mais les robots de surveillance la repèrent vite… Locke tombe, et Chloé est rattrapée de justesse par Ross, qui parvient à l’emmener à l’extérieur. Il lui promet de la protéger et de lui transmettre son savoir, afin qu’un jour Chloé puisse revenir chercher son frère…

La danse vengeresse d’une grande sœur

Vous l’avez compris ce titre sera loin d’être joyeux. Une ambiance d’une froideur à vous glacer le sang, qui contraste avec l’amour chaleureux entre Chloé et son petit frère. Leur relation brille d’un éclat réconfortant au milieu de cette obscurité qu’est la Cité-Prison. Une lueur qui continuera de briller au sein de Chloé qui se promet de revenir le récupérer. La lueur de l’espoir. J’ai apprécié cette ellipse où Chloé reçoit les enseignements de Ross, ce qui nous évite de retrouver le profil classique du héros puissant et sans crainte dès le départ. Ce rythme apporte une certaine touche de réalisme dans le développement de l’héroïne, la rendant alors d’autant plus attachante.

Couplé à cette ambiance qui donne le ton, nous avons un début de récit solide, avec comme principal atout l’ambivalence du personnage de Chloé. Dès cette première lecture, nous découvrons ses 2 facettes: celle de la jeune adolescente craintive, fragile et terriblement attachante ; et celle de la grande sœur, macabre, glaçante et prête à tout pour Locke. Elle protègera son petit frère quoi qui lui en coûte. Une héroïne qui devient alors très intéressante et fascinante à suivre. C’est absolument certain que je suivrai sa quête jusqu’au bout !

Pour un 1er titre, la mangaka met la barre haut ! Particulièrement froid et sombre, il semblerait que ce récit soit finalement assez personnel, et qu’il vienne retranscrire ce sentiment d’étouffement qu’a pu vivre l’auteure au cours de sa vie après une période difficile.

Une danse mortelle et envoûtante

Le choix éditorial du grand format est pertinent et nous permet d’apprécier pleinement la qualité graphique de l’œuvre. Les planches, les planches, LES PLANCHES ! Quel tableau ! Visuellement envoûtant, c’est un pur plaisir de lecture. Un style particulier où tout semble figé au sein de cette Cité-Prison et qui retranscrit ainsi fidèlement cette ambiance oppressante et étouffante de ce huis clos. A l’opposé, les phases d’action ne sont que pur dynamisme. Chaque phase d’action avec l’héroïne est un ballet face à la mort. Une danse mortelle, la danse de la « Soliste fantôme » …

Sublime, cruel, angoissant, envoûtant, voilà ce que donne la danse de la « Soliste fantôme » qui fera tout pour protéger son petit frère dans la Cité-Prison. Un début de huis clos on ne peut plus efficace ! Ma note : 17/20

A bientôt,
Chloé