8 décembre 2022

Avis manga : Les Enfants d’Hippocrate – Tomes 1 à 4

Une nouveauté 2022 proposée par les jeunes éditions Mangetsu (comme Golden Guy récemment) dans un domaine encore peu développé en France mais qui tend à s’accroitre : le manga médical ! Les Enfants d’Hippocrate (de son nom original Platanus no Mi, soit « le Fruit du Platane ») est en cours au Japon, publié dans le magazine Big Comic Spirits des éditions Shôgakukan. Le mangaka derrière ce titre n’est autre que Toshiya Higashimoto, connu pour son thriller le Bateau de Thésée (que je vous recommande fortement d’ailleurs !). Avec les Enfants d’Hippocrate on change radicalement de registre, car ici on aborde une branche spécifique de la médecine : la pédiatrie.

Bienvenue dans le service « Pédiatrie » de l’hôpital de Kawasaki

La dynamique des premiers tomes est calée par chapitre, où nous rencontrons à chaque fois de nouveaux patients. Chaque histoire est aussi touchante l’une que l’autre. C’est ainsi que nous découvrons cet univers, à travers les yeux de notre stagiaire Maco, très engagé et attentif envers ses jeunes patients. Nous comprenons rapidement que ce service est très souvent vu comme le parent pauvre des hôpitaux, où les enfants ont beaucoup de mal (et ne peuvent parfois tout simplement pas) à verbaliser les maux dont ils souffrent. Qu’à cela ne tienne, il en faudra plus pour décourager Maco !

Aux allures un peu loufoque et décalé, il n’en est pas moins extrêmement compétent et fait preuve d’un excellent relationnel auprès des enfants mais surtout auprès des parents. Et c’est loin d’être évident de garder cet enthousiasme dans un pays où la baisse de natalité se fait de plus en plus ressentir, et où les parents deviennent surprotecteurs …

Les Enfants d’Hippocrate : Un titre très humain qui fait du bien

Ici sont abordés les maux des enfants, mais il est surtout question de relationnel. En tant que médecin, les pédiatres doivent certes sauver leur patient, mais cette branche médicale nécessite aussi de prendre en compte dans l’équation les émotions des enfants. Avant d’établir un diagnostic médical, il faut avant tout accompagner et rassurer les patients et leur entourage.

Maco fait preuve d’un humanisme à toute épreuve, dont nous n’avons pas l’habitude. Il reste lumineux, rayonnant en toute circonstance, et vient apporter son aide et expertise au sein de familles désespérées. Alors que de son côté, certains problèmes familiaux le rattrapent petit à petit … (comme on dit les cordonniers sont les plus mal chaussés non ?). Par les histoires qui y sont narrées, ce titre se veut également dénonciateur d’un fait sociétal : l’accès à l’information. Tout est accessible, très rapidement, par tout le monde. Et la distinction entre information et mésinformation/désinformation n’est parfois pas évidente si nous ne sommes pas à l’aise sur le sujet. Ce qui porte alors préjudice aux médecins ici dans ce titre. Les familles attendent une prise en charge rapide et immédiate de leur(s) enfant(s) et se substituent presque au diagnostic médical !

Le premier manga médical que je lis et je ne suis pas déçue pour un sou. J’apprécie énormément cette lecture qui s’est révélée particulièrement intéressante et très touchante. Comme pour son précédent titre, Toshiya Higashimoto développe un titre qui n’est pas du tout dénué de sens. Je compte bien m’installer en salle d’attente pour les prochains tomes (le tome 5 sort en décembre 2022), mes rendez-vous sont déjà pris ! Ma note : 16.5/20

A bientôt,
Chloé