30 novembre 2023

Avis manga : Kujô l’implacable – Tome 1

Cette semaine, un arrêt sur une nouveauté de 2023 éditée par Kana : Kujô l’implacable (Kujô no Taizai de son titre d’origine). Kujô no Taizai a été lancé au Japon en 2020 dans le magazine Big Comics Spirits des éditions Shogakukan, avec 7 tomes actuellement en cours. Après l’excellente nouveauté Boy’s Abyss, que vaut ce nouveau titre ?

Ce nouveau titre annonce le retour d’un mangaka déjà connu en France et déjà présent dans le catalogue Kana avec son titre Ushijima, Shôhei Manabe. Et on ne change pas une équipe qui gagne, ce nouveau titre est tout aussi noir que le précédent et baigne dans un monde de yakuzas. Cependant, la vedette ici, c’est un avocat. Un avocat controversé qui défend surtout des criminels …

Kujô Taizai : l’avocat du Japon qu’on ne voit pas

Un avocat plus qu’atypique, sans le sou, qui vit dans une tente sur le toit d’un immeuble. Ne s’intéressant qu’aux affaires complexes, il est clairement l’un des meilleurs avocats du Japon. Pourtant il ne met pas son talent au service de la morale ou de l’argent. Ce qui le fait vibrer : les affaires mêlant yakuzas, trafiques, vides juridiques … bref toutes les sales affaires d’un Japon qu’on ne voit pas. Kujô fait très clairement la distinction entre la morale et la loi, ce qui lui apporte une réputation plus que douteuse. Mais à quoi bon soigner son image quand ses principaux clients sont des criminels récidivistes sans état d’âme ? D’ailleurs sa devise retranscrit parfaitement sa façon de procéder : « un avocat agit sans principe et sans idéologie ».

Kujô l’implacable : Justesse et réalisme rythment ce nouveau titre

Le premier point à noter est le travail de recherche de l’auteur concernant le monde du droit et de la justice. C’est impressionnant de détails sur les différentes procédures judiciaires. Le titre n’est ainsi pas du tout avare en texte, en proposant de sacrées planches d’explications juridiques. Et à aucun moment je n’ai ressenti de lourdeur ou de gêne quant à ma compréhension de toutes ces démarches judiciaires qui sont généralement assez chronophages. Cette mine d’informations nous permet également de saisir l’ensemble de la réflexion et logique de notre avocat Kujô. La loi il la connait bien, trop bien même. Tant que la loi l’y autorise alors tout est possible et il prêt à tout !

Le travail d’investigation de l’auteur ne s’arrête pas là, et touche aussi le domaine de la pègre japonaise où règnent en maître les yakuzas. Un monde obscur et cruel où la hiérarchie domine tout, et où les forts profitent des faibles.

Second point saisissant du manga Kujô l’implacable, son réalisme. La justesse des propos décrite précédemment n’y est pas pour rien. Le rythme et narration très contrôlés rendent la lecture très agréable et immersive. Le réalisme du scénario fait écho à celui du trait de Manabe. Les planches de procédures judiciaires sont entrecoupées de planches de décor/paysage vides de tout texte (et finalement il y en a pas mal également). Et autant dire que le coup de crayon de ces planches est surprenant de réalisme. C’est totalement immersif, on se retrouve à déambuler dans les rues, au sein des histoires de yakuzas, au cœur d’un Japon nocturne. Néanmoins, revers de la médaille, face à ces superbes décors urbains, j’ai trouvé les faciès parfois exagérés et disproportionnés, peut-être « trop réalistes » et ça m’a décontenancé à plusieurs reprises.

Un avant-goût d’un récit qui se promet intense et dur, baignant dans les bas-fonds de la pègre japonaise, et qui donne franchement l’eau à la bouche ! Je ne serai pas surprise de remettre en question certaines de mes certitudes concernant la notion de justice au fil de ma lecture de cette série … il est fort ce Kujô quand même ! Cette nouveauté sort le 27 janvier 2023 ! Ma note : 15.5/20

A bientôt,
Chloé